Marrakech
était encore le centre pipole du mois, Festival du Film oblige. Mais
où sont donc passés les acteurs marocains ? Comme chaque année,
ils sont plutôt amers quand on leur tend un micro ! Un hommage rendu
quand même à l’acteur, un peu oublié, Amidou
: c’est jamais un bon plan d’être estampillé
du label « Claude Lelouch
» ! Cette année, il y avait surtout l’excellent réalisateur
iranien Abbas Kiarostami dont
presque personne ne connaît les films ici. Pour cause : ils ne sont
jamais passés au Maroc. Désolant ! Heureusement que les Espagnols
mettaient l’ambiance. Avec sous les feux de la rampe, les hégéries
almodovariennes : l’excentrique Rossy
de Palma en danseuse orientale, Victoria
Abril, déchaînée au Pacha. Victoria reviendra
même le mois prochain à Casa nous chanter son album bossa. Rien
à dire, ils ont le sens de la fête ces Espagnols !
A se demander s’il ne fallait pas leur confier l’organisation
des festivités du 50ème anniversaire de l’indépendance.
Un peu tristounettes ces commémorations ! Au lieu d’une méga
fête : des défilés militaires, des discours, des expos
de photos. On aurait pu aussi solliciter Najat
Aatabou. Celle-là, en concert, elle déménage
! Elle se produisait avec une star de la scène flamenca catalane, Ginesa
Ortega au Complexe Moulay Rachid à Casa. Najat, elle
a une façon de vous raconter la nouvelle Moudawana qui décoincerait
même les barbus adlistes. Sarko aussi
il sait mettre l’ambiance ! Quelques phrases choc, quelques mesures
néo-fascistes et le pyromane ressuscite en un clin d’œil
le genre guérilla urbaine dans les banlieues. Avec lui, 1000 bagnoles
cramées en une nuit s’appelle désormais une « accalmie
». Le nouveau Napoléon
en ressort plus populaire, plébiscité par les médias
et à 90% par… les électeurs du Front Nazional. Il fait
pas beau en France en ce moment… Oui, il y a ceux qui savent mettre
le feu et les autres… Cette « kamikaze manquée »
qui s’affichait dans le nouveau « Maroc soir » avec sa panoplie
terroriste, par exemple : « mon mari a réussi à se faire
exploser. Moi j’ai essayé, mais la mise à feu n’a
pas fonctionné » raconte-t-elle à la TV jordanienne après
une démo de sa ceinture explosive. Ironie du sort, parmi le carnage
des islamistes, le réalisateur Moustapha
Akkad, qui contait la vie du prophète dans «
Ar-Rissala », sautait à Amman sur une bombe islamiste.
Un autre pas très doué question organisation évènementiel
c’est Talaat Al Sadate,
neveu de l’ancien président égyptien assassiné.
En campagne pour les législatives, il s’est fait accompagner
de deux lions, sa mascotte. Un vrai cirque ! C’est d’ailleurs
là qu’il a loué ses bestiaux. Résultat : il a fait
flipper tous ses électeurs qui se sont enfuis, la police lui a confisqué
ses fauves et il a même eu un PV. Le bide total !
Yann Barte
Tberguig international *
décembre 2005