Nos
pipoles se mouillent. Tous mêlent leur grain de sel aux élections
étasuniennes et il n'est plus une seule interview de vedette US sans
la petite question politique. Les pro Dabeuliou
Bush d'un côté : Ricky
Martin, Clint Eastwood, Bill Gates... les pro John
Kerry de l'autre : Sean Penn,
Leonardo Di Caprio, Sting, Ben Affleck et George
Clooney que certains ont peut-être croisé dans
les rues de Casa... Il était en effet au Maroc, comme Will
Smith et Mike Dimond,
sur le tournage d'un film… politique.
Ces prises de position de stars influencent-elles leurs fans ? Ceux de la
pro Bush Britney Spears (qui
vient de reconnaître sur son site « regretter être restée
naïve, jeune et blonde »...) n'ont heureusement pas tous l'âge
de voter. Quant à ceux du pro Kerry, Bruce
Springsteen, ils semblent acquis à la cause : «
J'aurais voté pour mon chat s'il était candidat contre Bush
» dit un fan de Bruce à l'AFP à la fin d'un concert démocrate.
Même les plus dépolitisés ne cachent plus leur frayeur.
« La réélection de Bush serait une catastrophe ! »
déclare dans Le Monde Woody Allen,
habituellement détaché de la vie politique. Il faut remonter
à son film « Tout le monde dit I love you » pour voir chez
lui une note d'optimisme : un militant républicain redevenait démocrate
après une opération du cerveau. Quant au chanteur Tom
Waits, il a déjà annoncé que si
Bush était réélu, il s'exilerait en Nouvelle
Zélande avec sa famille : « J'ai des garçons en âge
d'être appelés. Pour cette administration, les soldats ne sont
que du gravier sur la route qui mène au pétrole ». Malgré
ses fortes antipathies pour Bush, Hollywood reste l'organe de propagande,
le porte-voix discipliné de la Maison Blanche.
Mais ce rêve américain ne fait plus vraiment recette. Qu'on rassure
d'ailleurs les habitués du ciné Rif de Casa ou de Marrakech,
la star indienne Aishwarya Rai
préfère Bollywood. « Je ne vais pas courir à Hollywood
parce qu'elle m'ouvre ses portes » dit l'actrice, ancienne Miss monde
et dernière égérie de l'Oréal (parce qu'elle le
vaut vraiment bien !), « Je traite les films étrangers comme
le cinéma bengali ou tamoul ». Dans Gala du mois dernier, la
star hong-kongaise Gong Li avoue également n'avoir
« aucune attirance spéciale pour Hollywood » et c'est tant
mieux ! On y perd souventson âme... Tenez, Antonio
Banderas, entre sapériode espagnole almodovarienne
et les soupes commerciales hollywoodiennes qu'il nous sert désormais,
y a pas photo ! Oui, la politique passionne en ces temps troubles. Même
Tom Cruise, que Chirac
a refusé de voir, s'invite chez le « présidentiable »
Nicolas Sarkozy. Approcher les
personnes influentes et prometteuses, la technique est bien connue des Scientologues
et de l'acteur, dévouée vitrine « collatérale »
de la secte.
Yann
Barte
Tberguig international *
novembre 2004