DOSSIER (1ère PARTIE)


Terminus Tanger

Parcours de tous les dangers : De la désespérance à la révolte


Casa : un petit coin de Sénégal au coeur de la médina


Témoignages: Le racisme au quotidien

"Train d'enfer"

Défrichage,déchiffrage - Africain, moi ?

Entretien : spécialiste des migrations

"Périple: " On voyait les lumières de l'Espagne".

DOSSIER (2ème PARTIE)

Etudiants : Des sirènes du privé au fausses notes de l'intégration

lAssociations, syndicats, foyers... La préférence communautaire

lLe cjhoix du maroc : Ils étudient, ils travaillent

Etudiants "africains" au Maroc, aujourd'hui journalistes

 

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TENDANCE Le choix du Maroc :
ils étudient et ils travaillent

Les premières grandes vagues d'immigration estudiantine datent des années 60-70 et des premiers accords bilatéraux.

Si durant les années 60-70 les étudiants empruntaient des voies officielles pour venir au Maroc dans le cadre d'accords bilatéraux, aujourd'hui, leur arrivée se fait de plus en plus de façon informelle, voire totalement anarchique. Les ambassades elles-mêmes avouent ignorer le nombre de ces étudiants venus par leurs propres moyens.

Dans les années 50 déjà, quelques étudiants de l'Afrique subsaharienne viennent étudier l'astronomie mais aussi l'arabe, l'Islam. En 1962-63, le Sénégal signe plusieurs accords avec le Maroc. Les

deux pays ont toujours entretenu des liens d'amitié très forts, renforcés entre autres par la confrérie soufie des Tidjanes. Deux ans seulement après son indépendance, le Sénégal envoie donc ses premiers étudiants ici. De jeunes Sénégalais vont ainsi fréquenter les lycées, universités et instituts marocains. Très vite, le Sénégal prend conscience de la nécessité de pousser ces jeunes vers des études scientifiques, ne pouvant intégrer tous ces étudiants de littérature arabe ou d'islamologie. Le système éducatif sénégalais est extrêmement sélectif du certificat d'études à l'entrée en 6ème, du brevet au bac jusqu'à l'université. Des étudiants, même d'un bon niveau, allaient ainsi se trouver "cartouchards" (c'est ainsi qu'on appelle au Sénégal celui qui a épuisé toutes ses cartouches). Ne répondant pas aux critères pour poursuivre leurs études au Maroc dans le cadre des échanges bilatéraux, beaucoup allaient prendre des voies informelles.

Des étudiants de plus en plus nombreux viennent alors s'inscrire au Maroc dans les filières les plus diverses et quelques fois en indéquation totale avec les demandes du marché de l'emploi de leur pays d'origine. Des étudiants en médecine, ne pouvant décrocher lent diplôme à Dakar, terminent leurs études à Rabat. Le Maroc constitue aussi pour certains un tremplin pour l'Occident. un certain nombre d'écoles privées marocaines offrent en effet à leurs étudiants la possibilité de poursuivre lents études au Canada


... et en fin de cursus ?

C'est un fait : ces immigrés venus d'Afrique noire et travaillant au Maroc ont généralement poursuivi leurs études ici, souvent grâce à un concours de circonstances. Ils sont venus pourdes études. Il ont aimé. Ils sont restés. Ils sont médecins, journalistes (souvent après des études d'économie), experts-comptables, assureurs, technico-commerciaux, transitaires... Ils travaillent presque tous sur l'axe Casa-Rabat. On trouve aussi quelques restaurateurs, mécaniciens, sans oublier bien sûr les sportifs (foot, hand, basket) à peu prés dans tout le Maroc. "Nous sommes bnombreux ici, les sportifs professionnels, mais nous sommes plus d'une vingtaine à avoir des litiges ave nos clubs pour non-respect du contrat. C'est un problème", dénonce Cheikh, ancien footballeur du Stade de M'Bour du Sénégal et démissionnaire du MCO (Oujda). A part ces ratés fréquents dans le domaine du sport, l'intégration de la population noire africaine installée au Maroc semble plutôt une réussite. Cette population constitue cependant encore une minorité. Peu d'étudiants envisagent d'ailleurs de s'installer définitivement ici. Malgré la mode des «études marocaines», l'installation au Maroc demeure une démarche singulière.
Ici encore, le Maroc reste un lieu de passage, quelques fois un tremplin.

Yann Barte

presse-media.com