DOSSIER (1ère PARTIE)


Terminus Tanger

Parcours de tous les dangers : De la désespérance à la révolte


Casa : un petit coin de Sénégal au coeur de la médina


Témoignages: Le racisme au quotidien

"Train d'enfer"

Défrichage,déchiffrage - Africain, moi ?

Entretien : spécialiste des migrations

"Périple: " On voyait les lumières de l'Espagne".

DOSSIER (2ème PARTIE)

Etudiants : Des sirènes du privé au fausses notes de l'intégration

lAssociations, syndicats, foyers... La préférence communautaire

lLe cjhoix du maroc : Ils étudient, ils travaillent

Etudiants "africains" au Maroc, aujourd'hui journalistes

 

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CRITIQUE Etudiants "africains" au Maroc,
aujourd'hui journalistes

presse-media.com


 

 

Presse écrite, radio, TV..., Les Noirs africains sont nombreux à investir les médias. Mais comment voient-ils la presse marocaine ?

" L’Afrique noire, on en parle très peu. Les milieux d'affaires, les décideurs, l'élite politique, économique sont tous tournés vers l'Europe et c'est compréhensible. Mais il faut avouer qu'il y aussi beaucoup d'ignorance. Le journalistes ne traitent ces pays que sous l'angle caricatural de ce que l'on voit ou entend à la T.V. ou radio. On ne parle de ces pays que sous l'angle des guerres, des famines... l'enfer en fait. Il y a ici un manque évident de culture général. Inutile par exemple de demander aux gens où se trouve le Cap Vert ! L'Afrique noire est négligée, snobée. Davantage, sans doute, sur le plan économique que politique. A tort. J'ai rencontré par exemple des marchands marocains d'ordinateurs qui se faisaient au Gabon des marges trois fois supérieures à celles qu'ils réalisaient au Maroc. On ne fait pas d'effort pour parler en bien de ces pays, les découvrir. Il y a un manque d'intérêt total. On ne parle pas par exemple de la réforme du droit des affaires en Afrique de l'Ouest qui est pourtant un grand chantier... Le ton ne change qu'à l'occasion des compétitions de football.
Ces derniers temps, je remarque quand même un changement dans le discours concernant les clandestins venus de l'Afrique noire. Certains journaux, comme "Libération", se solidarisent avec ces clandestins. Le discours n'est plus celui de la légalité/illégalité. Il s'humanise enfin et c'est bien ".
Abashi Shamamba, "l’Économiste" (Congo-Kinshasa, ex-Zaïre )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

" La presse marocaine parle peu et mal de l'Afrique noire. Le Sénégal, pays proche, est sans doute l'exception. Les noms des présidents africains sont généralement massacrés, les confusions entre capitales, fréquentes. Abidjan devient ainsi la capitale de l'Afrique du Sud, comme j'ai pu lire récemment dans un quotidien. La Côte d'Ivoire est pourtant un des pays africains les plus connus ici ! Et demandez à n'importe quel journaliste marocain le nom du président du Mali, je suis convaincu qu'il l'ignore. Ceux qui sont censés donner l'information ignore tout des réalités de l'Afrique. Rien d'étonnant alors que le traitement de l'info soit aussi médiocre. Sans compter les clichés de pauvreté, de guerre, de misère, de sauvagerie..."
Mamadou Bamba Ndiaye, secrétaire général de la rédaction de "Finances News". (Sénégal)

 

 

 

 

 

 

" Je reste convaincu qu'on a ici un peu la même vision de l'Afrique noire qu' en Europe. C'est toujours ce côté un peu sensationnel, exotique avec ses petits villages, les danses Massaï, les pygmées dans la forêt. A peu près ce regard que l'on a aussi des Indiens d 'Amazonie qu'on montre nus. Je viens de voir un reportage sur 2M, sur les télécommunications, les portables. J'ai vu Abidjan, l'Afrique confrontée à un outil de développement. Ce sont des images très rares. L'Afrique dans les médias, c'est la misère, la faim...
Et puis la presse s’intéresse peu à L'Afrique et ne cherche pas à comprendre. Je pensais que la visite dans les pays africains du premier ministre et de sa délégation allait un peu changer les choses, les regards. Des regards d’ailleurs véhiculés par le principal médium qu'est la T.V.
Il y a des faits révélateurs : lorsqu'on accuse comme l'année dernière des gens d'anthropophagie, dans une ville comme Rabat ou lorsqu' un commentateur de foot sur la 2M dit chaque fois, sans distinction l'"africain" pour désigner des joueurs libériens, sénégalais ou autre du Milan AC parce qu’il ne parvient pas à les différencier."
Journaliste dans un hebdo casablancais.